Pas gai, pas gay. Taddy ne va plus au collège.

Publié le par Taddy

Lorsque j'arrivais aux Sillages, je ne traînais pas. dans le groupe à mon grand soulagement je ne croisais personne, je grimpais les escaliers quatre à quatre et m'enfermais dans ma chambre. Je défis mon colis et rangeais les affaires dans le placard mural. J'avais réussi mon plan,  je risquais tout de même d'être confondu à n'importe quel moment. Je n'entendis jamais parler de cette affaire que moi même oubliais bien vite, ce fut  la dernière fois que j'allais à la cité administrative chercher un trousseau sans doute à tord. Dans le groupes il y avait une grande différence d'âge entre les pensionnaires, je me réjouissais du départ prochain de deux gars qui vu leurs statuts de travailleurs se montraient particulièrement dédaigneux avec les "scolaires". Le lundi matin arriva rapidement, trop à mon goût  les choses allaient ainsi, j'étais enchanté d'avoir pratiquement la moitié moins de chemin à faire pour me rendre au collège, ce fut tout ce que je trouvais de positif ce matin là. Je savais que la journée allait s'écouler interminable, il n'y avait plus rien pour me motiver et surtout pas le corps enseignant qui ne s'occupait pas de moi vu que je ne voulais pas travailler. Ce que je voulais maintenant c'était quitter cet établissement, il représente pour moi le point de liaison direct avec mon passé, ce passé sorti en droite ligne de chez les Morel et dont je ne voulais plus entendre parler. En somme avec mon arrivée aux Sillages, je voulais tout mettre à bas, tout recommencer, cela n'était guère possible mais c'était mon voeux le plus cher. j'allais chercher comment y parvenir dans un avenir proche. Au moment ou j'écris ces lignes, je me dis que l'adolescent que j'étais étais surtout idiot car je projetais encore je ne sais quelle connerie, j'aurais mieux fait de prendre sur moi une bonne fois pour toute, aller trouver l'éducateur et lui exprimer clairement mes désirs nous aurions certainement trouvé une solution ensemble. Au lieu de cela dans les semaines qui suivirent mon arrivée aux Sillages je recommençais à m'absenter du collège passant la journée je ne sais ou dans M.... et ses environs. Le bulletin d'absence ne tarda pas à arriver, bien évidemment des comptes me furent demandés, par Christian le chef éducateur, je lui fit savoir clairement que je n'aimais pas le collège et que je m'y ennuyais à mourir. J'aurais pu lui dire ce que représentais le collège pour moi, j'aurais pu aussi lui parler de la mauvaise orientation que j'avais faite, j'aurais pu mais je me murais dans le silence. Il me fis un peu la morale, m'encouragea du mieux qu'il put mais dans mon fort intérieur je me disais cause toujours, j'en suis venu à bout de plus coriaces que toi, c'est pas toi qui m'aura, une fois de plus j'avais raté une occasion de m'exprimer. Avec un état d'esprit ainsi il est évident que ça ne pouvait pas durer encore longtemps. Quelques semaines plus tard je réitérais mon absentéisme, il y eut encore et encore des explications jusqu'au jour où l'éducateur entra en trombe dans ma chambre, je le vis fort en colère, je n'eu pas besoin de lui demander ce dont il s'agissait. Il me dit: cette fois tu as gagné, tu n'ira plus au collège, tu ira chez  l'éducateur technique travailler avec les chômeurs. Je ne sus pas si c'est le collège qui m'avait viré ou si l'éducateur m'avais fait radier de la liste des élèves. J'avais effectivement gagné, Christian n'aurait pas pu employer une meilleur formule. Le collège demeurait pour moi le trait d'union entre la famille Morel chez qui tout était issu et la famille Lavin qui fut pour moi synonyme de mal être. Ne plus aller au collège technique signifiais pour moi la rupture définitive avec ces deux familles.

Publié dans Gay - Lesbien

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