En dehors du trajet maison école nous ne connaissions même pas le village, bien évidemment nous n'avions pas le droit de sortir. Le trajet maison école ne nous prenait qu'environ trois minutes. Il y avait à Fromont une petite base américaine vestige de la libération encore pas très lointaine à cette époque où de temps en temps venait se poser un hélicoptère, cet atterrissage se faisait toujours vers midi et demi. Martine avait le droit d'aller voir l'hélicoptère nous non, nous devions rester à table nous estimant déjà heureux d'y être.
Nous passions dans la cour la majeure partie de notre temps libre pour ne pas salir la maison, nous nous sommes souvent dit en regardant en direction de la maison voisine qui était celle du garde champêtre que s'il savait comment nous sommes traités ici ça ne se passerait pas comme ça. Nous avions le sentiment que nous nous faisions des illusions. Rien ne venait, nous nous sentions complètement abandonnés, nous n'avions plus de contacts avec la grand-mère ni avec personne. Quant le père nous parlait de la famille de Fontaine la Forêt, c' était pour en dire du mal et nous monter la tête contre eux. Pour ce qui me concerne je crois qu'il y est arrivé, j'en étais arrivé à dire moi même du mal de la grand-mère moi qui l'adorais, je n'explique pas cette réaction il parait pourtant que c'est un schéma classique en psychologie enfin bref.
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